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mardi 2 janvier 2018

Moskoop Paris 2017-2018


MosKoop : exposition de la coopérative russe d'artistes contemporains  - venus spécialement de Moscou - à la librairie du Globe (67 bd Beaumarchais, Paris) entre le 20 décembre 2017 et le 12 janvier 2018.
Plus de vingt artistes russes et français, ayant vécu ou vivant à Moscou, présentent, ensemble, leurs travaux de dessin, peinture, photographie et techniques mixtes.
Parmi ces oeuvres, plusieurs photographies de Christophe Gibourg, prises à Moscou, en Sibérie et au Kamtchatka. 

L'occasion de découvrir aussi la libriairie du Globe, spécialisée dans la littérature russe, éditée en français et en cyrillique.
La salle d'exposition se trouve au sous-sol.





mercredi 29 novembre 2017

De la lumière dans la nuit

Exposition de photographies de Christophe Gibourg à la librairie du Globe (67 bd Beaumarchais, Paris) à l'occasion de la rencontre entre Veronika Dormanet Marc Crepin autour de leurs livres sur la Russie.

A partir de ce jeudi 30 novembre à 19h30.
"Ces photos russes de Moscou et de Sibérie sont des instants suspendus qui font écho à toutes ces nuits historiques, à ces évènements que certains voudraient laisser dans l'ombre. La nuit va-t-elle engloutir la lumière ou la lumière va-t-elle avoir raison de l'obscurité ?"

vendredi 23 juin 2017

Musique russe contemporaine

Tout mêne à tout et réciproquement. Le voyage et l'informatique m'ont amené naturellement au blog et le blog naturellement à la photographie qui me passionne depuis que j'ai découvert sa version contemporaine, il y a de cela bien longtemps déjà.
Mais ce qui était moins évident dans l'enchaînement des choses, c'est qu'exposer mes photos à Moscou avec la coopérative d'artistes peintres russes - en majorité - et d'artistes français "MosKoop", c'est que je rencontrerais Nikolaï Ovtchinnikov. Et il n'est pas seulement le grand peintre que l'on connait - quand on s'intéresse à l'art russe contemporain - mais il est aussi un musicien des plus moderne dont la musique s'invente et se regénère d'elle-même à chaque fois car elle est basée sur des instruments électroniques interractifs intégrant des fonctions aléatoires. On rejoint l'informatique et surtout la musique des années 80 que j'ai pratiquée lors de la mise à portée du grand public des boites à rhytmes, synthétiseurs et échantillonneurs. L'excés d'électronique, de programmation et de musique contemporaine (je garde cependant un excellent souvenir du Marteau sans maître de Boulez et de la musique répétitive de Steve Reich) me fera plus tard basculer vers la musique acoustique et improvisée, le plus loin possible de l'ordinateur et de sa rigueur inhumaine. Et les rencontres heureuses de la vie me permirent de découvrir et d'intégrer un groupe de musique klezmer à Malakoff, dans lequel je fut appécié en tant qu'improvisateur, ce qui ne fut jamais le cas dans les écoles de jazz que j'ai pu fréquenter. Et ce fut le départ en Russie et l'arrêt progressif de mes pratiques musicales, au profit de la photographie.

Alors a pu s'opérer la magie. La musique de Nikolaï et de Vova (car ils sont 2 derrière leurs machines) m'a rappelé celle de Pavillon 7B et ma connaissance de l'improvisation m'a encouragé à leur faire part de mon intérêt d'intégrer ma clarinette basse dans leur ensemble. Leur gentillesse et leur ouverture d'esprit a fait le reste. J'étais invité dès le concert suivant à jouer avec eux. Je voulais de l'improvisation, j'allais être servi. Sans répétition, je plongeai dans le grand bain, au plaisir de tous. Je les remercie de leurs encouragements immédiats. Notre collaboration ne s'arrête plus depuis. Cerise sur le gâteau, une photographe française qui expose aussi avec MosKoop - Laure Debrosse - jouait déjà avec cette formation électronique, d'un instrument inhabituel. Je connaissais au cinéma, dans le superbe film Delicatessen de Jeunet et Caro, entre les mains du génial Dominique Pinon, mais sur une scène, je crois bien que je n'avais jamais vu de scie musicale. La douceur de sa sonorité et de ses vibrations se marie très bien avec l'ensemble. C'est un instrument très subtile qu'il faut se garder de juger trop rapidement.
Notre formation appelée "ERRARE HUMANUM EST" a participé cette année 2017, en juin, à un festival international dont c'était la 16ème édition : "Шум и ярость", en anglais "Noise and fury" avec le sous-titre "extreme experimental music festival" dans un des lieux les plus intéressants à Moscou : "Дом" (Dom) connu depuis plus de 15 ans pour son ouverture et sa créativité vers les musiques nouvelles, jazz ou musiques du monde.


Je trouvais tout cela extraordinaire mais ce n'était pas terminé. Vova Terex est aussi bassiste et chanteur dans une autre formation, sans électronique cette fois. Comme le premier groupe dans lequel j'ai joué au sortir du lycée. Guitare, basse, batterie, clavier. Mais j'étais derrière le clavier à l'époque. Et Vova de me proposer de jouer avec eux, en particulier sur un morceau d'une vingtaine de minutes où je serais libre d'improviser. De répétition non plus il n'y aura pas. Le batteur me glissera toutefois à l'oreille le nom d'une gamme, merci Rafa, ce n'était pourtant pas lui le plus concerné. J'ai pu jouer dans deux bars différents avec cette formation, des lieux underground que je découvrais enfin. Et un ami français vivant depuis longtemps à Moscou, de me dire quelle chance extraordinaire j'avais de jouer avec des musiciens ayant fait partie d'un groupe mytique en Russie : Zvuki Mu ! Ah bon ? Non, je ne connais pas (la honte). C'est cool ! L'amitié et la fraternité qui est née de ces rencontres est incroyable. C'est quelques semaines seulement avant de quitter la Russie que je découvre une nouvelle facette du gigantesque kaléidoscope russe. Mieux vaut tard que jamais, sans regrets, cela ne pouvait être autrement. La porte vers la Russie demeure ainsi grande ouverte pour d'éventuels retours.

samedi 15 avril 2017

D'Altoufievo à Piatnitskoyé chaussée


Souvenez-vous en février 2016, j'avais pris la décision d'aller voir au bout des lignes de métro de Moscou si le monde était différent. J'avais vu des choses étranges sur les lignes orange et rouge. Cette année 2017 - les mois ont filés les uns derrière les autres sans que je puisse poursuivre en 2016 cette quête -, au mois de février, sous la neige, j'ai suivi jusqu'à son terminus la ligne grise, grise de cette neige sale, fondue puis heureusement recouverte par de nouveaux flocons immaculés.

J'ai pris mes skis pour continuer l'assaut du grand nord. Ça commence par des barres d'immeubles et là, il faut bien reconnaître qu'il est nécessaire de parcourir des kilomètres et de laisser passer les heures pour avoir le déclic, l'image qui vous frappe la rétine à vous faire lâcher les bâtons pour vous emparer du reflex. Pas besoin d'enlever les gants pour utiliser le D800 ou le D810. J'avoue que c'est un peu un caprice de star d'avoir fait +10 sur le modèle Nikon car cette fois, j'ai craqué pour un appareil neuf. Et le hasard fait que je viens de céder le 800 à des mains connues qui me permettront de suivre sa nouvelle vie. Enfin bref, derrière les derniers immeubles, je trouve un lac, ou plutôt un étang, qui était recommandé sur un site russe pour le ski de fond. Eh bien, ne faites pas le déplacement que pour ça car le site n'est pas très grand et surtout, aucune trace n'est faite pour le ski. 

Mais je suis seul cette fois alors peu importe, je fonce entre chemins, buissons, parterres. Voyant des empreintes sur la surface d'eau gelée, avec - au loin - une silhouette traversant, je me risque à glisser sur la surface plane. Je ne suis pas très fier, je l'avoue. Mais je me fais léger et surtout je ne tombe pas. On sait ce que peut faire un choc sur la glace quand bien même elle est suffisamment résistante pour supporter un certain poids. Et à l'autre bout, je croise un chemin, profondément tracé, qui semble être un raccourci entre 2 cités. Plusieurs personnes se succèdent sur cet itinéraire. Vision étonnante d'une femme avec des valises, au milieu de l'immensité blanche. J'en tire une seule photo tout en vous en montrant plusieurs. Je trouve intéressant de laisser sur l'image la trace des choix possibles de cadrage ou recadrage envisagés. Un peu comme ces planche contacts où l'on peut suivre l'histoire, une histoire, et où l'on voit, entourées en rouge, les clichés retenus par l'auteur.

En mars, c'est le bleu foncé qui a retenu toute mon attention. La ligne numéro 3. La neige avait presque entièrement fondu, le soleil brillait. On croyait le printemps arrivé. C'était mal connaître la Russie. Le froid est revenu avec quelques flocons, beaucoup de flocons. Encore aujourd'hui, le 14 avril, il gèle la nuit et la météo annonce des bourrasques de neige toute la semaine. Mais il faisait beau ce 15 mars. Une immense baie vitrée sépare l'entrée et la sortie du métro. Une fois sorti, je me trouve au pied d'un gigantesque pylône électrique. Ça me rappelle que dans le centre de la capitale russe, on ne trouve aucun poteau électrique, même petit. Les fils ne sont pas enfouis, non, ils passent d'un toit à l'autre !
Je pars à gauche direction la forêt. Je ne sais pas où je vais. Comme d'habitude. Je fais confiance à mon intuition, au hasard et surtout à ma capacité à marcher des heures durant. Sur ma gauche, un grand mur uni, délimitant le terrain et les locaux de l'entreprise ferroviaire. A ma droite, des maisons. Plus loin, l'entrée du lotissement, surveillée par un gardien. Je rentre, comme si de rien n'était. C'est superbe. J'ai l'impression d'être dans un village de montagne. Des tas de neige séparent encore les maisons. Quelques enfants s'amusent sous la surveillance d'un parent ou d'une nounou. Plusieurs rues devant moi. A l'extrémité d'une impasse, derrière une clôture, il y a un bois, un lac et on aperçoit au delà, sur la colline, le dessus d'immeubles. Mais la grille m'empêche d'aller rejoindre la nature. Je suis bien dans une résidence privée. Mais si loin du rythme du centre-ville ! 
Je reprends la route et vais au-delà. Je me retrouve les pieds dans la terre gorgée d'eau, devant la construction de nouveaux quartiers. De nouveaux immeubles se dressent devant des maisons dont certaines sont anciennes, entièrement en bois. De grosses églises orthodoxes sont déjà bien implantées. On peut en voir une, au centre, sur la photo ci-dessous. Je reviens sur mes pas, marche dans la neige pour nettoyer mes chaussures et contourne les maisons pour plonger dans la forêt et rejoindre le métro, pas mécontent d'avoir découvert une nouvelle ville dans la ville. A Moscou.

mardi 7 février 2017

Piscine en plein air

Quand il fait près de 10 degrés sous zéro, on n'envisage pas vraiment de se mettre dehors en maillot de bain. Ou alors c'est au sortir de la bania (ou sauna selon les pays) et le plaisir est alors immense tellement le corps est en feu. J'exclu les Russes qui plongent dans l'eau glacée pour garder la santé - ils sont entraînés en quelque sorte depuis leur plus jeune âge à cette forme d'endurance car les mamans, quand elle ne peuvent promener leur enfant l'hiver, placent le landau sur le balcon, avec l'enfant couché à l'intérieur évidemment.
Mais à Moscou en particulier, il y a des piscines à ciel ouvert, chauffées suffisamment en période de grand froid, que se dégage un nuage de vapeur au dessus des bassins. Et je voulais vraiment voir ça. Mais le plus étonnant n'est pas ce que l'on croit car on est tout de même en Russie. Je ne suis pas encore dans l'eau !
J'étais déjà allé à la piscine Olympinski (une piscine olympique bien sûr mais couverte celle-là) donc je savais que la règle était d'avoir son passeport et un certificat médical. C'est parti. On descend au métro Parc Koultouri et on se dirige vers la piscine Tchaïka. Entrée au milieu du bâtiment, impossible de la louper. C'est déjà ça. Pour ceux qui prendraient le train en marche, sachez qu'il y a certaines adresses à Moscou que je n'ai jamais trouvé ; où plus exactement, je n'ai pas trouvé le magasin localisé à tel emplacement car les numéros correspondent parfois à des bâtiments importants avec des cours, des portes non signalées etc. J'aperçois la vapeur au dessus du mur de plusieurs mètres, waou !
Une fois à l'intérieur, 5 guichets différents, une porte en verre à droite, et des tourniquets en face pour aller à l'étape suivante quand on a passé les premiers obstacles. A gauche, c'est le vestiaire, facile à reconnaître donc nous laissons notre manteau. Partout, en Russie, on trouve des vestiaires gratuits, c'est vraiment très pratique. Ne sachant, des 7 autres personnes que je vois, choisir à laquelle m'adresser, je vais voir un monsieur qui se trouve sous un panneau avec une flèche dirigé vers lui. C'était bien le dernier à aller voir, c'est l'agent de service qui surveille les tourniquets ! Alors la caisse - Kassa - c'est à l'autre bout. Ah, je dois m'enregistrer d'abord ? Madame peut-être ? Oui, c'est la première fois. Alors je vais vers les autres dames au guichet plus loin ? S'il y a bien un intérêt d'être étranger parfois en Russie, c'est que dans des situations ubuesques comme celle-ci, vous arrivez à décrocher à votre interlocutrice un petit sourire. Elle doit certainement penser "le pauvre" mais au moins, on ne se fait pas crier dessus car c'est la réaction courante quand on ne respecte pas une procédure. 
Alors voilà mon passeport et mon certificat médical. Votre adresse ? tap tap tap clic clic glang. Je vais vous prendre en photo, regardez-moi : clic ! Quelle formule je désire ? Abonnement, la journée, 2 heures ? Je n'en sais rien moi, je voudrais juste aller à la piscine maintenant. Formule de deux heures, ok. Je nage en général une demi-heure donc c'est parfait. Les informations sont saisies sur l'ordinateur, un dossier de 3 pages est enfin imprimé en double exemplaires. Je n'ai pas besoin de signer celui que je garde mais sur l'autre, je dois tout de même y apposer 5 signatures. Heureusement que ce n'était pas à moi de prévoir une photo d'identité car j'aurais dû faire demi-tour. Alors je retourne au fond vers la caisse avec mon justificatif, une autre feuille A4 pour le paiement. Je donne un billet de mille roubles et j'ai droit à un ticket de caisse en retour. Je présente mon ticket à la demoiselle qui m'a vu faire les aller-retour devant elles et elle me donne une petite clé accrochée à un bracelet en plastique. Ah, ça ressemble à ce que je connais, nous sommes bien à la piscine !
Mais M. qui m'accompagne (à moins que ce ne soit l'inverse) est toujours avec la dame qui enregistre les dossiers (elles sont deux, elle n'a pas la même que moi) et cette dernière lui explique qu'il faut, après avoir payé, aller voir le médecin qui est en bas, après les tourniquets. Car c'est la première fois que l'on vient : on ne va pas voir le médecin quand on est malade, on va le voir à l'inscription alors que l'on a un certificat médical. On ne discute pas. Moi, j'ai déjà mon bracelet magnétique et mes deux heures sont en train de courir. Heureusement, la jeune femme derrière son guichet a tout compris, elle me reprend mon bracelet, le désactive et le range dans son compartiment. J'en aurai un quand le médecin aura donné son accord. Il y a quand même un bug dans la procédure : j'ai eu un bracelet alors que je n'avais pas vu le médecin du centre sportif. Alors, nous nous dirigeons vers le cabinet du docteur. Il faut passer les tourniquets et nous n'avons pas de badge ni de bracelet magnétique. Heureusement je connais le gardien des tourniquets. Coucou c'est nous ! Il nous fait passer. Nous descendons un premier escalier, à gauche, direction le vestiaire des femmes car c'est aussi là que qu'opère le toubib. Il y a une queue de quatre personnes devant la porte, nous patientons debout dans le couloir. 
A mon tour. J'ai dû attendre un quart d'heure. Je rentre dans une pièce meublée de deux bureaux. Une porte sur la droite est ouverte vers un autre espace. Derrière le premier bureau, un homme en blouse blanche est assis. Devant lui un ordinateur et des feuilles dont les coins sont pliés par ses avant-bras appuyés sur le rebord de la table. Je lui donne mon certificat médical. Derrière son dos, il y a un lit recouvert d'un papier blanc afin d'y faire allonger un patient. En dessous, une petite cuvette. Il pianote sur son clavier cinq minutes puis il me rend mon papier, c'est terminé. Nous n'avons pas échangé un seul mot. Vous ne mettez pas un tampon ou quelque chose pour prouver mon passage ? C'est dans l'ordinateur. Ok, spaciba.
Nous remontons l'escalier. Toujours pas de badge. Vous pouvez nous débloquer le tourniquet ? Je donne mon ticket de caisse, une des dames contrôle que le médecin a donné son aval et on me redonne un bracelet après l'avoir activé. Miracle, je peux cette fois actionner le tourniquet seul. Je descends l'escalier, par la droite cette fois, pour rejoindre le vestiaire homme. Avant de l'emprunter, je passe devant le café du centre, installé derrière une baie vitrée qui donne sur le grand bassin. La vue est belle, l'eau est bleue, le soleil - toujours bas à cette saison - n'en brille pas moins même si les murs projettent leur ombre sur la surface aqueuse. Les têtes des nageurs se détachent par moment des nuages de vapeurs. Au dessus du couloir que je finis par emprunter, il y a six destinations précisées. Je me demande ce que je vais trouver car tout est écrit en russe et mes lacunes linguistiques sont toujours abyssales. Deux portes en bois sur le côté m'ont l'air réservées au personnel et en face, après un virage, j'arrive sur une porte vitrée. Je la pousse et trouve une poubelle avec des petits chaussons bleus à enfiler sur les chaussures puis je descends quelques marches et me voilà devant des bancs et des casiers rouges. Ils ont tous un numéro donc il suffit que je trouve le 272 qui est inscrit sur mon bracelet. Hop, en maillot, bonnet et tongs. Je prends un sac avec ma serviette et mon téléphone. Je n'ai pas pris mon appareil photo car j'avais peur qu'on ne me laisse pas rentrer avec (on ne sait jamais, les réglementations des espaces publics en Russie sont parfois radicales). A Olympinski, ils fouillaient les sacs. Ici non, pas de portique de sécurité. Je pousse une autre porte vitrée et je suis dans les douches. Il y a des crochets avec des sacs suspendus. Je prends ma douche et mon sac et cherche l'accès au bassin.
Une porte blanche, fermée. Une porte à gauche, en verre, donne sur l'extérieur. Comme si je ne savais pas quelle température il fait, je pousse la porte. Un vent glacial m'accueille. Non, je crois que je vais trouver un autre chemin. Je retourne vers les casiers. Non, il n'y a pas d'autre accès. Je repasse devant les douches. Sur ma gauche, un petit escalier de 4 ou 5 marches donne sur un pédiluve en hauteur. Le plafond n'est pas haut donc il faut se baisser. Je n'y prête pas attention, cela ne fait pas partie des éléments connus que je cherche : une sortie ! Il n'y a presque personne dans les douches mais il y a plusieurs sacs accrochés et une série de tongs au pied du petit escalier. Ça doit être ça : le pédiluve se termine par un mur de brique de verres qui va jusqu'au niveau de l'eau donc on ne sent pas l'air du dehors mais en plongeant sous l'eau on peut gagner le fameux bassin. Je remets mon téléphone dans le casier et j'y vais. Pour les photos, on verra plus tard. J'aurais aimé voir quelqu'un emprunter ce curieux passage tout de même. Alors je plonge, l'eau est chaude, j'ai pied mais il vaut mieux rester allongé pour ne pas sentir le froid. Je suis dans le bassin de 50 mètres, les nageurs semblent bien répartis dans les différents couloirs et avec la vapeur, on a l'impression d'être tout seul. Géniale ma piscine ! J'aperçois un petit bassin plus loin (mais il faut sortir de l'eau) et un certain nombre de courageux l'on déjà regagné, pas la peine alors de se donner cette peine. Elle est bonne, vraiment : 30° ! Vous venez ?

samedi 21 janvier 2017

Exposition à l'Institut français de Moscou

Depuis le 16 janvier et jusqu'au 27 janvier 2017, vous pouvez voir à l'Institut français de Moscou ma première grande exposition photo :
http://www.institutfrancais.ru/fr/moscou/visions-extraordinaires-russie-kirghizstan-photographies-christophe-gibourg
Inaugurée avec la présence de l'attaché culturel de l'ambassade de France en Russie, M. Olivier Guillaume, les invités ont répondu présent pour le vernissage et la foule se presse ensuite... pour ne pas venir. Moscou est une ville qui possède énormément de musées et plusieurs lieux dédiés à la photographie. On m'a fait remarquer qu'en semaine, il n'y avait personne, même à l'exposition Genesis de Sebastian Salgado (un grand maître de la photo en noir et blanc). Ça ne me console qu'à moitié. J'ai rencontré tout de même la quatrième personne qui envisage d'acheter une de mes photographies. Sans vouloir être trop terre à terre, la culture n'a pas le vent en poupe et j'ai dû, sur mes deniers personnels, financer tous les tirages.
Vous comprendrez que ce n'est pas la vie de star et qu'il faut avoir la foi. Mais je l'ai et je vais à la rencontre de mes visiteurs ; je passe plusieurs heures à attendre chaque jour, dans une des 2 salles qui me sont dédiées. En 6 jours, j'ai rencontré 2 Russes et un Français charmants. Pendant ce temps, je ne fais pas de photo, toute mon énergie part ailleurs. Je reçois beaucoup de compliments et de témoignages d'admiration. Mais je n'ai pas vu les grands professionnels de la photo que j'avais invité. Pas un seul média n'annonce l'exposition, ce qui n'aide pas à accroître la fréquentation. Pas un seul journaliste ne parle de moi et pourtant j'en connais personnellement beaucoup (et ils trouvent - oralement - l'exposition remarquable). Les médias ne sont remplis que de propos sur le nouveau président des USA et tout le monde gémit qu'il n'y en a que pour Trump. Ou pour son homologue russe. Et bien je vais vous dire: je les plains. Et vivement que je reparte en voyage dans un lieu loin des grandes villes modernes... avec mon Reflex.



dimanche 11 décembre 2016

Cours d'immeubles en hiver

Cette année, la neige était là si tôt, que nous avons pu skier en novembre, sur les feuilles mortes qui tombaient encore. Quelques-uns ont déjà aussi enfilé les patins à glace, les grandes patinoires d'hiver installées dans les parcs sont ouvertes.
Et certains jours le temps est très froid et lumineux, d'autres jours il est moins froid et plus gris. Toutes les lumières multicolores de la villes sont mises en valeur par le tapis blanc de neige. Et la nuit, quand on s'enfonce dans les cours des immeubles, à l'abri des intrépides automobilistes et de leurs bruyantes machina (la voiture en russe : машина), on est dans une autre ville, un autre Moscou, tout à fait invisible aux touristes. Les immeubles sont souvent assez longs et s'assemblent pour former des cours intérieures. Ces cours ne sont pas privées et sont très utilisées par les piétons comme raccourci car elles sont très souvent ouvertes de 2 côtés. Encore aujourd'hui, après plus de trois ans à vivre dans cette ville - sans en être lassé -, pour aller aux endroits habituels, je suis mes pieds plus que je ne les guide, sans me poser de question. Mais, stop ! Trois personnes qui ne sont pas ensemble, viennent de sortir de cette cour et continuent à marcher tête baissée, les unes derrières les autres. C'est un passage. J'y vais. La plupart du temps, une large grille empêche les voitures de rentrer et une plus étroite est réservée aux piétons. Si elle n'est pas ouverte, il suffit de la pousser. Rares sont celles qui sont verrouillées et dont l'usage est réservé aux seuls habitants.
Pour contrôler l'accès des voitures dans les cours qui desservent des bureaux, il y a parfois un gardien. Les piétons ne sont pas contrôlés mais l'uniforme jouant son rôle dissuasif, il y a de nombreuses cours où je n'ai pas osé m'aventurer avant de longs mois. On peut trouver dans une cour, un café ou un artisan qui répare ceci ou cela - et parfois les deux - (les magasins de "rimonte", ремонт en russe). Il peut bien sûr n'y avoir que des habitations, des bureaux sans intérêts pour le passant. Mais s'il y a un restaurant, vous n'êtes pas sûr de le voir. Même si vous êtes russe. Et si vous savez qu'il y est, que vous l'avez lu dans un guide touristique car en plus ce restaurant est connu, vous n'êtes pas sûr non plus de le trouver. Moi qui suis très cartésien, je reste très sceptique quand j'entends ce genre de chose. Donc c'était intéressant que cette histoire me soit justement arrivée. Je voulais y emmener des amis et comme j'étais passé au moins cinquante fois à cet endroit, je me disais naïvement qu'il suffirait de faire le tour de la cour calmement, plusieurs fois si nécessaire, et que je trouverais forcément une porte avec le nom du restaurant, ou simplement le mot restaurant (ресторан). Que nenni. J'ai dû allé voir 2 commerçants (un en sous-sol, l'autre au rez-de-chaussée) pour que le second me conduise lui-même devant la porte. Je n'étais pas très fier. La porte était sombre, dans un renfoncement, dans l'ombre. Aucune inscription sur la porte. Le nom du restaurant était dessiné sur un mur perpendiculaire que l'on ne voyait que quand on allait jusqu'à la porte. Bien sûr le restaurant n'a pas de fenêtre, il est en sous-sol, comme la plupart des boutiques dans les cours. Ce sont souvent des demi-sous-sol donc il peut y avoir des fenêtres basses mais qui ne laissent rien paraître de l'extérieur. Ces mystères associés à cette lumière colorée et mystérieuse ont un coté tarkovskien, non ?



jeudi 1 décembre 2016

La saison 3 publiée

Remise de 20% avec le code MAGIC20 jusqu’au 27 décembre 2016 !
Edition chez Blurb de "Départ pour Moscou, journal saison 3" (2015-2016), format paysage de 25×20 cm, 110 pages dont les 2/3 de photos.
Près de 70 photographies sont imprimées pleine page dont 40 regroupées à la fin de l’ouvrage.



Pour feuilleter le livre ou le commander :
 http://www.blurb.fr/b/7550125-d-part-pour-moscou-saison-3

Sans oublier les deux saisons précédentes, parues chez Blurb également :


Tous les articles ont été relus, corrigés et modifiés si nécessaire, pour faciliter leur compréhension hors du contexte du blog. Toutes les photos publiées dans ces livres sont celles de l'auteur.

mardi 25 octobre 2016

Toi mon kricha

крыша - prononcer kricha - est le toit, en russe. Il vous couvre, au sens propre comme au sens figuré. Si votre activité n'est pas très légale, mieux vaut pour vous, avoir un kricha qui vous protège. Mais quand il perd son pouvoir ou si un tiers vient à en avoir davantage sur le même domaine d'activité - ou sur le même secteur géographique - alors, évidemment, vous n'êtes plus à l'abri. Et vous l'apprenez souvent trop tard. Donc un toit ça s'entretient avant de ne plus être efficace. Ou ça se change. Il ne faut surtout pas suivre l'exemple de mon propriétaire qui a laissé couler l'eau dans ma chambre l'hiver dernier.

En juin, dans l'immeuble en face du mien - et non chez moi vous avez compris - ils ont repeint la toiture. Et en octobre, avant l'hiver, ils la remettent en état.
Ils n'ont qu'une pince coupante, un marteau. Ils étaient trois. Un quatrième vient de les rejoindre avec un pied de biche. Il s'allonge à coté d'eux, sur le toit en pente. C'est la pause pour lui. Sur ce vieil immeuble russe, il n'y a pas de tuile - comme nulle part dans ce pays - mais de longues plaques de métal qui partent du faîte jusqu'au dessus du mur. Cet immeuble est bas, il n'a qu'un étage, c'est une des rares constructions en pierre qui a résisté à l'incendie de 1812, qui a ravagé la capitale après l'arrivée de Napoléon. L'inclinaison n'a pas besoin d'être aussi forte que pour une couverture en tuile qui craint de se fendre quand il reste un peu d'eau et que les grands froids arrivent, le gel faisant éclater la terre cuite.
Hier, un de ces hommes, un homme du Caucase comme souvent - ceux qui à Moscou marchent le long des toits sans protections, soit pour déneiger soit, comme cette fois, pour assurer l'entretien - a aplati avec un marteau, à une distance régulière du bord inférieur, le bourrelet de métal qui assure la jonction des plaques entre elles. Elles font ici moins d'un mètre de large et se recouvrent légèrement sans aucune soudure. Ces hommes ont l'air d'être totalement indifférents au vide qu'ils ont sous leurs pieds. Sur le moment, je n'ai pas compris pourquoi il procédait à cette opération de martèlement. 
Aujourd'hui, l'un d'entre eux, peut-être le même qu'hier - il est difficile de le dire car le froid à fait son apparition et ils sont très couverts avec un bonnet ou une capuche -, a longé le toit et replié la tôle, du bas vers le haut, laissant voir les planches de bois sur lesquelles elles étaient clouées. Si le métal n'avait pas été écrasé par le marteau à un endroit précis, en tirant, la plaque ne se serait pas pliée facilement. Le temps est sec, le ciel dégagé mais en contrepartie, il fait près de zéro degré.
Les images se recollent dans mon esprit. Hier, sur la chaussée, j'ai aperçu deux hommes dérouler des bandes de cette même couleur verte et les mesurer. J'ai bien pensé que c'était pour la toiture, mais seulement pour le tour des cheminées, très abîmé et parfois même absent, laissant la brique nue. 
Mon immeuble a un étage de plus et mes fenêtres sont à leur niveau, de l'autre côté de cette chaussée étroite laissant passer le tramway et une file de voitures. J'ai une vue imprenable sur l'opération, comme sur le renouvellement des rails en octobre 2013. Ils ont tout de même monté un échafaudage, a l'endroit précis où, la veille, un de ces ouvrier s'était laissé glisser le long d'une corde, les fesses posées sur une planchette semblable à une balançoire. N'ayant rien pour retenir son dos, il s'appuyait en avant sur la corde attachée à la cheminée et, avec ses deux mains, une fois suffisamment bien assis, il remontait, du sol jusqu'à lui, un seau de peinture. Et il commença à repeindre le mur.
Après avoir soulevé les plaques du bord vers le haut du toit, sur un bon mètre de longueur, ils ont entrepris de remplacer la partie métallique inférieure qui était en-dessous et qui se prolongeait jusqu'au l'extrémité du toit, en surplomb. Aucune gouttière n'y est accrochée, l'eau s'écoule le long d'une autre plaque recourbée fixée par-dessus. Le petit rebord permettant de guider l'eau pouvait éventuellement retenir un pied qui glisse. Maintenant que cette partie est démontée, plus de rebord, ni pour la pluie ni pour les pieds.
La première plaque métallique neuve à être installée doit être pliée pour remonter à la verticale le long d'un muret de brique. Debout, une basquette sur la tôle, un des ouvriers la maintient pendant qu'un second tire avec ses deux mains puis tape avec son maillet pour lui donner la forme voulue. Un troisième, debout sur un échafaudage, entreprend de découper, avec sa pince, le surplus de métal inutile. Ils ne sont qu'à quelques centimètres du vide, aucun n'est attaché. Dans le même temps, l'un deux enfonce - au marteau cette fois - un clou à travers le métal pour maintenir à la charpente la nouvelle tôle verte.Il leur faut taper fort et prendre des risques pour que le kricha continue à jouer son rôle !

samedi 8 octobre 2016

La saison 2 publiée

Edition chez Blurb de "Départ pour Moscou, journal saison 2" (2014-2015), format carré de 18 cm, 154 pages dont 49% de photos.

Près de 120 photographies, de tailles différentes, dont une cinquantaine pleine page.


Pour feuilleter le livre ou le commander : http://www.blurb.fr/b/7385704-d-part-pour-moscou-saison-2

Rappel de l'édition précédente
Edition chez Blurb également, "Départ pour Moscou, journal saison 1" (2013-2014), format carré de 18 cm, 142 pages dont 35% de photos.
Plus de 120 photographies, de tailles différentes.


Pour feuilleter le livre ou le commander : http://www.blurb.fr/b/7145329-d-part-pour-moscou

Tous les articles ont été relus, corrigés et modifiés au besoin pour faciliter leur compréhension hors du contexte du blog. Toutes les photos publiées dans ces livres sont celles de l'auteur, ce qui n'est pas toujours le cas dans le blog pour l'illustration d'actualités.

jeudi 6 octobre 2016

Exposition à Moscou

J'ai l'honneur et le privilège de vous inviter le 16 octobre prochain à une exposition d'artistes contemporains russes et français. Si je fais un peu de pub sur ce blog, c'est que je vais avoir l'honneur d'y présenter 8 de mes photographies. Non, je ne vous dirai pas lesquelles. Venez voir !


Et voici une photo prise pendant l'exposition où l'on aperçoit mes photographies :

lundi 19 septembre 2016

Courrier et téléphone


Ce n'est pas parce que vous habitez dans le centre-ville de Moscou que vous pouvez prétendre à une belle boîte aux lettres. Remarquez que le nom des habitants n’apparaît pas sur les boîtes. Sur la porte donnant à l'extérieur, il y a un interphone sans nom, avec des chiffres. Si vous n'avez pas le code pour entrer, tapez le numéro d'appartement et ça déclenche l'interphone. Si vous ne connaissez pas le numéro d'appartement... et bien il ne vous reste qu'à repartir. Sauf si vous avez un téléphone portable et le numéro de la personne chez qui vous vous rendez bien évidemment. D'où peut venir se sentiment de peur de laisser son nom ? Est-ce ce même sentiment qui empêche les gens de se regarder dans le métro ou de trop se parler dans la rue ? Exemple de conversation entre 2 passants : "La rue trucmuche ? Ici à droite". Pas de mots en plus avant ni après. Les termes bonjour, merci, au revoir, ils ne les utilisent pas avec des inconnus. Chacun son histoire, ses traumatismes, ses phobies. Même pas plus tard qu'il n'y a pas longtemps, dans l'appart d'un copain lors d'une soirée, j'ai croisé plusieurs Russes qui n'ont même pas esquissé un mouvement de tête pour pouvoir ensuite éviter mon regard ; non, ils savaient que j'étais là et qu'ils ne me connaissaient pas et je n'ai même pas pu les saluer. 
Ce n'est pas parce que vous payez 5000 euros de loyer que vous pouvez prétendre à des communs propres, sans odeur et entretenus. Vous avez de la chance car je ne sais pas coller l'odeur dans un blog. Ça fait 3 ans que ça dure et donc toute la famille a fait des progrès en apnée. Avant de fermer la parenthèse puanteur, j'ai été confronté au moins à trois reprises dans Moscou depuis la fin août à des effluves comme je n'en avais pas sentis depuis que nous y sommes installés. J'espère qu'il ne s'agit pas d'une dégradation des infrastructures, beaucoup moins importantes pour la municipalité que les fleurs qui clignotent et les cabanes en bois pour vendre des spécialités. Je me suis laissé dire, qu'il y avait là plusieurs marchés très juteux qui avaient été signés.
Retour dans la cage d'escalier. Ce qui est étonnant, c'est quand vous ouvrez la boîte aux lettres. Pas trop de pub au premier abord car il faut un code pour rentrer dans le bâtiment. Des factures le plus souvent. Comme en France me direz-vous. Il y a tout de même 3 différences de taille. 
La première est que, bien souvent, le facteur n'a pas trouvé la boîte et il a posé un tas de papier sur le rebord de la fenêtre, à côté. C'est vrai qu'il y a 4 boîtes alors... c'est pas facile. Evidemment, il y a souvent du courrier qui ne correspond à aucune des boîtes à lettres de cette entrée d'immeuble, quand ce n'est pas carrément des missives ou factures pour une autre rue. Je pense qu'il y des gens qui doivent se faire couper le téléphone ou l'électricité simplement parce qu'il ne reçoivent pas leur facture.
La deuxième différence est que la facture est avant tout un support publicitaire.
A gauche, le recto du courrier (avec le chiffre en orange), à droite (avec la pub en rose), le verso. Il faut un certain temps pour comprendre que ce n'est pas que de la pub et ne pas tout mettre directement à la poubelle. Et il faut de la patience (et ses lunettes) pour trouver le nom du destinataire. Mais c'est écrit. Il faut trouver de quel côté chercher, c'est vrai également. Et c'est tellement insupportable à regarder ces pub aux couleurs vives avec des lettres de toutes les tailles et dans tous les sens, que c'est seulement aujourd'hui en vous en parlant, chers lecteurs, que je constate que la publicité est relative à l'émetteur de la facture. Vous me direz, c'est la moindre des choses. Que nenni. 
La troisième différence est que cette facture d'électricité (par exemple) contient une autre publicité. Et il aurait été dommage que vous ne la voyiez pas. C'est une pub de dentiste, de stomatologue comme on les appelle ici. Ça ne me donne pas vraiment envie de me faire soigner les dents.
Et je ne vous parle pas du téléphone qui tous les jours sonne plusieurs fois avec, au bout du fil, un répondeur qui débite des annonces publicitaires. 
Le libéralisme débridé comme on ne l'aime pas et qui a le plus grand mépris pour la liberté individuelle est bien d'aussi mauvais goût ici qu'ailleurs. Mais il demeure en décalage avec cette image de socialisme et ce message de nostalgie d'URSS qu'on entend de la bouche même du Kremlin, si tant est qu'une forteresse ait une bouche. Ça ne finit pas de m'étonner.