mardi 23 mai 2017

Israël

Je ne pensais pas que ce voyage aurait autant de lien avec la Russie. L'hiver 2017, tout d'abord, est très long. Moi j'adore toujours le froid, fasciné par la Sibérie et le grand Nord. Mais plusieurs personnes de la famille avaient envie de soleil (encore) et il n'est pas besoin de me pousser beaucoup pour me décider à partir découvrir un pays à moitié dans le désert. Ce qui a guidé nos pas vers Israël, c'est encore une fois, une sorte de hasard : une des meilleures amies d'Iris est partie vivre dans ce pays il y a quelques années. Depuis, nous avons, à plusieurs reprises, accueilli Varvara à la maison. Ses parents nous proposaient de venir leur rendre visite, et cela d'autant plus qu'ils ne savaient pas combien de temps encore ils allaient y rester. Iris, de toutes manières, insistait pour aller en vacances chez sa copine. Alors, bon, il n'y a pas que les enfants qui vont encore en profiter!
Le monastère Saint-Georges en Cisjordanie, Saint protecteur de Moscou et symbole de cette ville quand il terrasse le dragon.
Quatre billets d'avion, une chambre pour trois près de la vieille ville, dans un petit hôtel de charme proche de chez Varvara et en route ! Garance étudie à Issy les Moulineaux, nous voyageons encore sans elle. Ce n'est ni la première ni la dernière fois puisqu'elle est majeure mais c'est un peu comme s'il nous manquait un bras. Par contre, prendre le taxi à quatre, c'est décidément beaucoup plus simple qu'à cinq. 

Tel Aviv depuis Jaffa
Aéroport de Tel Aviv, au bord de la mer méditerranée. L'eau est très bleue. Je n'ai jamais vu une eau si belle à Fréjus, en France, où mes grands-parents m'invitaient, enfant. Une bonne demi-heure de route pour rejoindre Jérusalem. Autoroute en très bon état, grand soleil. Des groupes de maisons, comme des villages, sur presque toutes les collines. C'est l'image que j'avais des colonies israélienne en Cisjordanie ; mais sur place, en Israël aussi, les habitants ne construisent pas dans les vallées, ne cherchent ni l'ombre ni l'eau (il n'y en a sûrement pas d'ailleurs quand on connait ce problème majeure de la région), mais s'installent sur les sommets, au soleil, en plein vent. Besoin de dominer, de voir surtout, probablement. Je pense à la Palestine immédiatement alors qu'aucune sécurité ni mur n'est encore visible, depuis notre descente d'avion. Le contrôle était minimum à l'aéroport, pas de foule. Tous ressemble à un vol intérieur d'un pays sans souci.
La porte de Jaffa, vieille ville de Jérusalem
Toutes les maisons, tous les immeubles de Jérusalem sont de la même couleur, faits de la même pierre couleur sable. C'est très propre. Le quartier dans lequel nous arrivons est privilégié : nous voyons des arbres, des palmiers dans les jardins. Un avant-goût de paradis. Quand nous voyons les drapeaux d'Israël accrochés aux voitures, par contre, deux par deux au-dessus des fenêtres arrières, nous nous demandons si les Russes n'auraient pas trouvés ici, plus nationalistes qu'eux. Étonnamment, nous nous rendrons vite compte, que si l'on ne parle ni hébreux ni anglais, l'on parle forcément russe dans cette partie du pays (essayons de ne pas trop généraliser, en une semaine notre connaissance ne pourra être que superficielle même si l'on bénéficie du récit d'habitants installés dans le pays depuis plusieurs années).
La vieille ville est une ville dans la ville avec son enceinte de forteresse complète, ses quartiers juif, arabe, chrétien et arménien. A l'extérieur, l'on trouve le mont des Oliviers, le tombeau de Marie puis par la porte des Lions, on accède à la Via Dolorosa - le chemin de croix - en passant par la prison où fut enfermé Jésus et on arrive à l'église du saint Sépulcre où se trouve le tombeau de Jésus. En tant qu'athée, je n'ai ressenti aucune émotion particulière dans ces lieux saints pleins de touristes et de pèlerins ; ces endroits vénérés ne sont pas particulièrement beaux. Le plus saisissant est, je trouve, le mont des Oliviers où l'on peut imaginer - avec un vrai recul physique, la présence des arbres, la vue de l'enceinte de la vieille ville - la vie d'il y a 2000 ans.


Après, il est intéressant de sortir de Jérusalem pour passer le mur, pas de la vieille ville cette fois - mais du nouvel apartheid - et d'arriver à Bethléem où se trouve l'église de la nativité. L'église était en travaux, la foule plus nombreuse qu'ailleurs. Avant de passer le checkpoint d'entrée en Cisjordanie, on peut lire sur de grands panneaux rouges que la zone (classée A) est interdite aux Israéliens. 


La passion des murs ne s'arrête pas là évidemment car au milieu de la vieille ville de Jérusalem, au niveau de la séparation des quartiers juif et musulman (qu'on appelle souvent arabe mais il y a des arabes chrétiens aussi, rien n'est simple), il y a le mur des lamentations avec aujourd'hui une petite partie à droite, réservée aux femmes. 

L'esprit de la vieille ville est vraiment - paradoxalement car je n'avais pas accès au rues les plus islamisées - arabe, avec une présence policière bien réelle. On y trouve une nonchalance, sans voiture et sans la pression du monde moderne capitaliste, un mélange comme nulle part ailleurs dans Jérusalem, de races, de couleurs de peau, de tempéraments, de regards, de religions affichées de la manière la plus ostentatoire. Se promener dans ces ruelles est agréable et dépaysant. Je n'y suis pas resté assez longtemps pour préférer tel ou tel quartier. J'aime quand il y a de la vie, du monde ; et ce sont souvent des échoppes, comme dans un grand souk.


Une des choses les plus surprenantes quand on a pris conscience de l'étendue, de la forme de la vieille ville, de son périmètre, de ses portes et des parties dans lesquelles la police israélienne ne vous laisse pas passer en raison de votre non appartenance à la religion musulmane, est la présence d'un poumon vert, d'une esplanade superbe qui représente une partie très importante de sa superficie : il s'agit du mont du Temple (lequel temple a été détruit par Nabuchodonosor II puis par Titus), le mont Moriah ou encore appelé esplanade des mosquées, à tort : ce dernier nom n'est pas correct car il n'y a qu'une seule mosquée ; le dôme du Rocher (ce dôme doré qui surplombe tout et pourrait être le symbole de la ville) est le troisième lieux saint musulman dans le monde sans être une mosquée. Et toute cette surface m'a été interdite. Mais certains jours de bonne heure, on peut voir l'esplanade ! Cool, je me lève tôt, y vais seul après avoir attendu que l'hôtel veuille bien sortir les petits-déjeuners (7h30), marche jusqu'à la vieille ville et cherche l'entrée miraculeuse. Ça n'a pas été facile mais j'ai compris que la seule solution était, pour les touristes non musulmans, d'emprunter le pont de bois qui surplombe la cour du mur des Lamentations. Je me résigne à monter espionner par dessus le mur (alors que je voulais rentrer dans la cour par dessous les arches en pierres) mais la foule est telle que je renonce. Des centaines ou des milliers de personnes, une file qui n'en finit pas, jusqu'à la porte des Immondices.


Et il ne nous restait plus qu'à pique-niquer au bord de la mer morte, coté Cisjordanie, après avoir embrassé la région depuis la hauteur des fortifications antiques de Massada, coté israélien. Tout ça ne manque pas de sel ! Hahaha


samedi 15 avril 2017

D'Altoufievo à Piatnitskoyé chaussée


Souvenez-vous en février 2016, j'avais pris la décision d'aller voir au bout des lignes de métro de Moscou si le monde était différent. J'avais vu des choses étranges sur les lignes orange et rouge. Cette année 2017 - les mois ont filés les uns derrière les autres sans que je puisse poursuivre en 2016 cette quête -, au mois de février, sous la neige, j'ai suivi jusqu'à son terminus la ligne grise, grise de cette neige sale, fondue puis heureusement recouverte par de nouveaux flocons immaculés.

J'ai pris mes skis pour continuer l'assaut du grand nord. Ça commence par des barres d'immeubles et là, il faut bien reconnaître qu'il est nécessaire de parcourir des kilomètres et de laisser passer les heures pour avoir le déclic, l'image qui vous frappe la rétine à vous faire lâcher les bâtons pour vous emparer du reflex. Pas besoin d'enlever les gants pour utiliser le D800 ou le D810. J'avoue que c'est un peu un caprice de star d'avoir fait +10 sur le modèle Nikon car cette fois, j'ai craqué pour un appareil neuf. Et le hasard fait que je viens de céder le 800 à des mains connues qui me permettront de suivre sa nouvelle vie. Enfin bref, derrière les derniers immeubles, je trouve un lac, ou plutôt un étang, qui était recommandé sur un site russe pour le ski de fond. Eh bien, ne faites pas le déplacement que pour ça car le site n'est pas très grand et surtout, aucune trace n'est faite pour le ski. 

Mais je suis seul cette fois alors peu importe, je fonce entre chemins, buissons, parterres. Voyant des empreintes sur la surface d'eau gelée, avec - au loin - une silhouette traversant, je me risque à glisser sur la surface plane. Je ne suis pas très fier, je l'avoue. Mais je me fais léger et surtout je ne tombe pas. On sait ce que peut faire un choc sur la glace quand bien même elle est suffisamment résistante pour supporter un certain poids. Et à l'autre bout, je croise un chemin, profondément tracé, qui semble être un raccourci entre 2 cités. Plusieurs personnes se succèdent sur cet itinéraire. Vision étonnante d'une femme avec des valises, au milieu de l'immensité blanche. J'en tire une seule photo tout en vous en montrant plusieurs. Je trouve intéressant de laisser sur l'image la trace des choix possibles de cadrage ou recadrage envisagés. Un peu comme ces planche contacts où l'on peut suivre l'histoire, une histoire, et où l'on voit, entourées en rouge, les clichés retenus par l'auteur.

En mars, c'est le bleu foncé qui a retenu toute mon attention. La ligne numéro 3. La neige avait presque entièrement fondu, le soleil brillait. On croyait le printemps arrivé. C'était mal connaître la Russie. Le froid est revenu avec quelques flocons, beaucoup de flocons. Encore aujourd'hui, le 14 avril, il gèle la nuit et la météo annonce des bourrasques de neige toute la semaine. Mais il faisait beau ce 15 mars. Une immense baie vitrée sépare l'entrée et la sortie du métro. Une fois sorti, je me trouve au pied d'un gigantesque pylône électrique. Ça me rappelle que dans le centre de la capitale russe, on ne trouve aucun poteau électrique, même petit. Les fils ne sont pas enfouis, non, ils passent d'un toit à l'autre !
Je pars à gauche direction la forêt. Je ne sais pas où je vais. Comme d'habitude. Je fais confiance à mon intuition, au hasard et surtout à ma capacité à marcher des heures durant. Sur ma gauche, un grand mur uni, délimitant le terrain et les locaux de l'entreprise ferroviaire. A ma droite, des maisons. Plus loin, l'entrée du lotissement, surveillée par un gardien. Je rentre, comme si de rien n'était. C'est superbe. J'ai l'impression d'être dans un village de montagne. Des tas de neige séparent encore les maisons. Quelques enfants s'amusent sous la surveillance d'un parent ou d'une nounou. Plusieurs rues devant moi. A l'extrémité d'une impasse, derrière une clôture, il y a un bois, un lac et on aperçoit au delà, sur la colline, le dessus d'immeubles. Mais la grille m'empêche d'aller rejoindre la nature. Je suis bien dans une résidence privée. Mais si loin du rythme du centre-ville ! 
Je reprends la route et vais au-delà. Je me retrouve les pieds dans la terre gorgée d'eau, devant la construction de nouveaux quartiers. De nouveaux immeubles se dressent devant des maisons dont certaines sont anciennes, entièrement en bois. De grosses églises orthodoxes sont déjà bien implantées. On peut en voir une, au centre, sur la photo ci-dessous. Je reviens sur mes pas, marche dans la neige pour nettoyer mes chaussures et contourne les maisons pour plonger dans la forêt et rejoindre le métro, pas mécontent d'avoir découvert une nouvelle ville dans la ville. A Moscou.

vendredi 17 mars 2017

L'Inde communiste

On peut avoir besoin de soleil quand l'hiver s'éternise à Moscou mais la surprise, c'est de décider d'aller en Inde et d'y rencontrer des affiches de la célébration du centenaire de la révolution russe bolchévique, affiches invisibles à Moscou tellement le concept de révolution fait peur au pouvoir en place, toujours avide de partager les richesses du pays entre un petit cercle d'individus en oubliant ceux qui travaillent jour et nuit pour avoir à peine de quoi manger.
Pourquoi l'Inde me direz-vous ? On peut trouver du soleil un peu moins loin certainement. Mais nous voulions partager ce voyage avec Garance, qui ne pouvait venir avec nous à cette période et qui doit aller dans cette région l'été prochain. L'Inde du sud, cela reste un territoire très étendu. Je voulais éviter les grandes villes du nord confrontées à trop de misères de rue - conscience du bon père de famille voulant protéger ses enfants - tout en nous évadant dans une nature sauvage et inconnue. Alors, en route pour le Kérala ! 
Plantations de thé à l'infini, sur toutes les collines de la région de Munnar.
Heureusement, les éléphants sauvages de la région n'apprécient pas les feuilles de thé !
Une partie du voyage s'est déroulé dans la montagne, au milieu des plantations de thé. Quelques chiffres et explications : le théier est taillé tous les 10 ou 20 jours selon la saison, ce qui donne un paysage très propre et ordonné, comme un immense jardin à la française. Seules les nouvelles pousses sont récoltées. C'est un travail essentiellement dédié aux femmes ; elles doivent couper 24 kg de feuilles dans la journée pour toucher le salaire de base de 5000 roupies (70 €). Mais elles parviennent à couper jusqu'à 40 kg, six jours sur 7. Les hommes travaillent dans les manufactures. A partir du même plant, on peut produire du thé blanc, du thé vert et du thé noir.
Mais sortis des cultures, on retrouve l'Inde colorée des saris et de sa circulation dense ponctuée de coups de klaxon. Agitation et sérénité. Les piétons semblent intouchables et marchent sur la chaussée sans s'inquiéter. Nous avons peur pour eux. Et que dire de cet ouvrier en train de peindre une ligne blanche au milieu de la circulation, à genoux, sans protection ni signalisation ! Et cette chance de croiser sur notre route un marché au boeufs, viande consommée dans le Kérala, à la différence de beaucoup d'autres Etats indiens.
Avant de nous plonger dans la mer d'Arabie, au nord de l'océan indien, nous parcourons les backwaters sur un bateau incroyable, alliant confort et matériaux naturels. Nous passons une nuit sur l'eau, dans un calme idyllique, si éloigné de l'image que peut véhiculer ce pays très peuplé. Nous longeons des rizières. Comme me l'a dit un Russe, l'Inde est comme la Russie. Soit vous l'aimez, soit vous la rejetez. Et dans le premier cas, vous y retournerez !

jeudi 9 mars 2017

Ski en Russie

La Russie ne manque ni de neige ni de montagnes avec le point culminant d'Europe, le mont Elbrouz, dans le Caucase, qui s'élève à 5642 mètres. Mais les installations de ski les plus modernes sont maintenant à Sochi grâce aux Jeux olympiques d'hiver organisés en 2014. On y trouve trois domaines skiables non reliés entre eux et le mieux équipé est celui de Rosa Koutor, parait-il. Après 3 ans sans pratique du ski alpin, je cède avec plaisir aux pressions d'Iris pour aller y passer quelques jours. 
Deux heures d'avion. Nous atterrissons au bord de la mer Noire et des palmiers. Une immense montagne aux sommets enneigés surplombe l'aéroport. Il suffira d'une demi-heure de taxi et nous voilà arrivés dans notre hôtel, au cœur de la station de Roza Koutor. Un train très moderne est également disponible au niveau de l'aéroport mais sans aucune signalisation. La mafia des taxis vous prend en main dès la récupération des bagages (transport individuel ou collectif selon votre réticence à aligner les billets de 1000 : nous avons été pris en charge à 500 roubles alors que l'on me proposait 4000 dans un premier temps).  Bonne surprise à l'hôtel, nous sommes surclassés et transférés dans le bâtiment voisin plus luxueux. Nous avons droit à la piscine mais pour en profiter, il aurait fallu que nous pensions à prendre un maillot de bain (ceux proposés dans la station sont hors de prix et très laids). Ça ne nous manquera pas car nous finirons chaque journée, avec les jambes en compote. 

L'hôtel est à proximité des pistes, enfin, c'est comme ça qu'il était présenté sur le plan de la station. Nous sommes, en fait, au pied d'une montagne abrupte et nous ne pouvons pas voir l'ombre d'une piste. Par contre, un téléphérique où chaque cabine peux accueillir 8 personnes, nous fait grimper en quelques minutes les premiers mille mètres de dénivelé, par dessus la forêt, jusqu'au domaine skiable. C'est très agréable, la vue est superbe. Ensuite d'autres œufs ou télésièges nous orientent vers telle ou telle partie du domaine, où les pistes vertes, bleues, rouge et noires sont très bien signalées. Le site est assez petit, mais suffisant pour quelques jours. On ne se sent pas du tout perdu. 
Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas, Rosa Khutor février 2017
Nous allons jusqu'au sommet, le Roza Pic, à 2320 m. alors que nous n'étions, peu de temps avant, qu'à 560 mètres d'altitude. Je n'ai pas chronométré la durée de cette ascension mais je n'ai ressenti aucune longueur. Le trafic est très fluide si l'on évite les pistes vertes. On peut aller skier sur l'autre versant, plus ensoleillé l'après-midi mais attention : les pistes rouges, bleues et vertes se rejoignent vers un unique télésiège. Et alors là, autant dire qu'il y a foule. Nous n'avons pas répété l'opération.
Le tissus neigeux est épais de plusieurs mètres, du sommet jusqu'au bas des pistes, en ce mois de février. Grand soleil, les deux premiers jours ; les deux suivants, brouillard et neige en milieu d'après-midi. Quand la visibilité devient trop faible, nous rentrons à l’hôtel nous reposer car c'est vraiment terrible de skier sans voir le relief et parfois même sans savoir où se poursuit la piste, quand on a laissé filé les autres skieurs loin devant. Mais heureusement, j'avais pris mon petit appareil photo, facile à glisser dans l'anorak. Alors, photographier la beauté des univers blancs et brumeux a compensé la joie de la glisse.

Evidemment, dans la station, il est facile de louer du matériel. Au pieds des téléphériques, il y a un très grand magasin de location. Seul bémol, c'est soit du matériel grand public, soit du matériel professionnel très cher. Il n'y a pas de gamme intermédiaire. Je n'ai pas fait le tour des autres loueurs.
Côté alimentation, on trouve de tout dans la station, du Mc Do au géorgien, du luxueux au moins huppé. Mais vérifier bien votre addition. On a essayé de me faire payer du vin que je n'avais pas consommé. Il y avait très peu de couverts ce soir là, j'ai du mal à croire à une erreur. Sur les pistes, on peu manger du plof (riz gras ouzbek) et du poisson grillé. Royal. Et coté remontées, certains télésièges sont chauffés et recouverts d'une bulle pour protéger des courants d'air (malheureusement pas tous). Au sol, lors de la prise des télésièges, un tapis roulant vous place automatiquement au bon endroit pour vous asseoir quand arrive la banquette. Épatant !
Pour 4 jours, comptez, sans les repas, 555 euros par personne (avion depuis Moscou, taxi, hôtel, location du matériel et forfait pour les remontées).


mardi 7 février 2017

Piscine en plein air

Quand il fait près de 10 degrés sous zéro, on n'envisage pas vraiment de se mettre dehors en maillot de bain. Ou alors c'est au sortir de la bania (ou sauna selon les pays) et le plaisir est alors immense tellement le corps est en feu. J'exclu les Russes qui plongent dans l'eau glacée pour garder la santé - ils sont entraînés en quelque sorte depuis leur plus jeune âge à cette forme d'endurance car les mamans, quand elle ne peuvent promener leur enfant l'hiver, placent le landau sur le balcon, avec l'enfant couché à l'intérieur évidemment.
Mais à Moscou en particulier, il y a des piscines à ciel ouvert, chauffées suffisamment en période de grand froid, que se dégage un nuage de vapeur au dessus des bassins. Et je voulais vraiment voir ça. Mais le plus étonnant n'est pas ce que l'on croit car on est tout de même en Russie. Je ne suis pas encore dans l'eau !
J'étais déjà allé à la piscine Olympinski (une piscine olympique bien sûr mais couverte celle-là) donc je savais que la règle était d'avoir son passeport et un certificat médical. C'est parti. On descend au métro Parc Koultouri et on se dirige vers la piscine Tchaïka. Entrée au milieu du bâtiment, impossible de la louper. C'est déjà ça. Pour ceux qui prendraient le train en marche, sachez qu'il y a certaines adresses à Moscou que je n'ai jamais trouvé ; où plus exactement, je n'ai pas trouvé le magasin localisé à tel emplacement car les numéros correspondent parfois à des bâtiments importants avec des cours, des portes non signalées etc. J'aperçois la vapeur au dessus du mur de plusieurs mètres, waou !
Une fois à l'intérieur, 5 guichets différents, une porte en verre à droite, et des tourniquets en face pour aller à l'étape suivante quand on a passé les premiers obstacles. A gauche, c'est le vestiaire, facile à reconnaître donc nous laissons notre manteau. Partout, en Russie, on trouve des vestiaires gratuits, c'est vraiment très pratique. Ne sachant, des 7 autres personnes que je vois, choisir à laquelle m'adresser, je vais voir un monsieur qui se trouve sous un panneau avec une flèche dirigé vers lui. C'était bien le dernier à aller voir, c'est l'agent de service qui surveille les tourniquets ! Alors la caisse - Kassa - c'est à l'autre bout. Ah, je dois m'enregistrer d'abord ? Madame peut-être ? Oui, c'est la première fois. Alors je vais vers les autres dames au guichet plus loin ? S'il y a bien un intérêt d'être étranger parfois en Russie, c'est que dans des situations ubuesques comme celle-ci, vous arrivez à décrocher à votre interlocutrice un petit sourire. Elle doit certainement penser "le pauvre" mais au moins, on ne se fait pas crier dessus car c'est la réaction courante quand on ne respecte pas une procédure. 
Alors voilà mon passeport et mon certificat médical. Votre adresse ? tap tap tap clic clic glang. Je vais vous prendre en photo, regardez-moi : clic ! Quelle formule je désire ? Abonnement, la journée, 2 heures ? Je n'en sais rien moi, je voudrais juste aller à la piscine maintenant. Formule de deux heures, ok. Je nage en général une demi-heure donc c'est parfait. Les informations sont saisies sur l'ordinateur, un dossier de 3 pages est enfin imprimé en double exemplaires. Je n'ai pas besoin de signer celui que je garde mais sur l'autre, je dois tout de même y apposer 5 signatures. Heureusement que ce n'était pas à moi de prévoir une photo d'identité car j'aurais dû faire demi-tour. Alors je retourne au fond vers la caisse avec mon justificatif, une autre feuille A4 pour le paiement. Je donne un billet de mille roubles et j'ai droit à un ticket de caisse en retour. Je présente mon ticket à la demoiselle qui m'a vu faire les aller-retour devant elles et elle me donne une petite clé accrochée à un bracelet en plastique. Ah, ça ressemble à ce que je connais, nous sommes bien à la piscine !
Mais M. qui m'accompagne (à moins que ce ne soit l'inverse) est toujours avec la dame qui enregistre les dossiers (elles sont deux, elle n'a pas la même que moi) et cette dernière lui explique qu'il faut, après avoir payé, aller voir le médecin qui est en bas, après les tourniquets. Car c'est la première fois que l'on vient : on ne va pas voir le médecin quand on est malade, on va le voir à l'inscription alors que l'on a un certificat médical. On ne discute pas. Moi, j'ai déjà mon bracelet magnétique et mes deux heures sont en train de courir. Heureusement, la jeune femme derrière son guichet a tout compris, elle me reprend mon bracelet, le désactive et le range dans son compartiment. J'en aurai un quand le médecin aura donné son accord. Il y a quand même un bug dans la procédure : j'ai eu un bracelet alors que je n'avais pas vu le médecin du centre sportif. Alors, nous nous dirigeons vers le cabinet du docteur. Il faut passer les tourniquets et nous n'avons pas de badge ni de bracelet magnétique. Heureusement je connais le gardien des tourniquets. Coucou c'est nous ! Il nous fait passer. Nous descendons un premier escalier, à gauche, direction le vestiaire des femmes car c'est aussi là que qu'opère le toubib. Il y a une queue de quatre personnes devant la porte, nous patientons debout dans le couloir. 
A mon tour. J'ai dû attendre un quart d'heure. Je rentre dans une pièce meublée de deux bureaux. Une porte sur la droite est ouverte vers un autre espace. Derrière le premier bureau, un homme en blouse blanche est assis. Devant lui un ordinateur et des feuilles dont les coins sont pliés par ses avant-bras appuyés sur le rebord de la table. Je lui donne mon certificat médical. Derrière son dos, il y a un lit recouvert d'un papier blanc afin d'y faire allonger un patient. En dessous, une petite cuvette. Il pianote sur son clavier cinq minutes puis il me rend mon papier, c'est terminé. Nous n'avons pas échangé un seul mot. Vous ne mettez pas un tampon ou quelque chose pour prouver mon passage ? C'est dans l'ordinateur. Ok, spaciba.
Nous remontons l'escalier. Toujours pas de badge. Vous pouvez nous débloquer le tourniquet ? Je donne mon ticket de caisse, une des dames contrôle que le médecin a donné son aval et on me redonne un bracelet après l'avoir activé. Miracle, je peux cette fois actionner le tourniquet seul. Je descends l'escalier, par la droite cette fois, pour rejoindre le vestiaire homme. Avant de l'emprunter, je passe devant le café du centre, installé derrière une baie vitrée qui donne sur le grand bassin. La vue est belle, l'eau est bleue, le soleil - toujours bas à cette saison - n'en brille pas moins même si les murs projettent leur ombre sur la surface aqueuse. Les têtes des nageurs se détachent par moment des nuages de vapeurs. Au dessus du couloir que je finis par emprunter, il y a six destinations précisées. Je me demande ce que je vais trouver car tout est écrit en russe et mes lacunes linguistiques sont toujours abyssales. Deux portes en bois sur le côté m'ont l'air réservées au personnel et en face, après un virage, j'arrive sur une porte vitrée. Je la pousse et trouve une poubelle avec des petits chaussons bleus à enfiler sur les chaussures puis je descends quelques marches et me voilà devant des bancs et des casiers rouges. Ils ont tous un numéro donc il suffit que je trouve le 272 qui est inscrit sur mon bracelet. Hop, en maillot, bonnet et tongs. Je prends un sac avec ma serviette et mon téléphone. Je n'ai pas pris mon appareil photo car j'avais peur qu'on ne me laisse pas rentrer avec (on ne sait jamais, les réglementations des espaces publics en Russie sont parfois radicales). A Olympinski, ils fouillaient les sacs. Ici non, pas de portique de sécurité. Je pousse une autre porte vitrée et je suis dans les douches. Il y a des crochets avec des sacs suspendus. Je prends ma douche et mon sac et cherche l'accès au bassin.
Une porte blanche, fermée. Une porte à gauche, en verre, donne sur l'extérieur. Comme si je ne savais pas quelle température il fait, je pousse la porte. Un vent glacial m'accueille. Non, je crois que je vais trouver un autre chemin. Je retourne vers les casiers. Non, il n'y a pas d'autre accès. Je repasse devant les douches. Sur ma gauche, un petit escalier de 4 ou 5 marches donne sur un pédiluve en hauteur. Le plafond n'est pas haut donc il faut se baisser. Je n'y prête pas attention, cela ne fait pas partie des éléments connus que je cherche : une sortie ! Il n'y a presque personne dans les douches mais il y a plusieurs sacs accrochés et une série de tongs au pied du petit escalier. Ça doit être ça : le pédiluve se termine par un mur de brique de verres qui va jusqu'au niveau de l'eau donc on ne sent pas l'air du dehors mais en plongeant sous l'eau on peut gagner le fameux bassin. Je remets mon téléphone dans le casier et j'y vais. Pour les photos, on verra plus tard. J'aurais aimé voir quelqu'un emprunter ce curieux passage tout de même. Alors je plonge, l'eau est chaude, j'ai pied mais il vaut mieux rester allongé pour ne pas sentir le froid. Je suis dans le bassin de 50 mètres, les nageurs semblent bien répartis dans les différents couloirs et avec la vapeur, on a l'impression d'être tout seul. Géniale ma piscine ! J'aperçois un petit bassin plus loin (mais il faut sortir de l'eau) et un certain nombre de courageux l'on déjà regagné, pas la peine alors de se donner cette peine. Elle est bonne, vraiment : 30° ! Vous venez ?

samedi 21 janvier 2017

Exposition à l'Institut français de Moscou

Depuis le 16 janvier et jusqu'au 27 janvier 2017, vous pouvez voir à l'Institut français de Moscou ma première grande exposition photo :
http://www.institutfrancais.ru/fr/moscou/visions-extraordinaires-russie-kirghizstan-photographies-christophe-gibourg
Inaugurée avec la présence de l'attaché culturel de l'ambassade de France en Russie, M. Olivier Guillaume, les invités ont répondu présent pour le vernissage et la foule se presse ensuite... pour ne pas venir. Moscou est une ville qui possède énormément de musées et plusieurs lieux dédiés à la photographie. On m'a fait remarquer qu'en semaine, il n'y avait personne, même à l'exposition Genesis de Sebastian Salgado (un grand maître de la photo en noir et blanc). Ça ne me console qu'à moitié. J'ai rencontré tout de même la quatrième personne qui envisage d'acheter une de mes photographies. Sans vouloir être trop terre à terre, la culture n'a pas le vent en poupe et j'ai dû, sur mes deniers personnels, financer tous les tirages.
Vous comprendrez que ce n'est pas la vie de star et qu'il faut avoir la foi. Mais je l'ai et je vais à la rencontre de mes visiteurs ; je passe plusieurs heures à attendre chaque jour, dans une des 2 salles qui me sont dédiées. En 6 jours, j'ai rencontré 2 Russes et un Français charmants. Pendant ce temps, je ne fais pas de photo, toute mon énergie part ailleurs. Je reçois beaucoup de compliments et de témoignages d'admiration. Mais je n'ai pas vu les grands professionnels de la photo que j'avais invité. Pas un seul média n'annonce l'exposition, ce qui n'aide pas à accroître la fréquentation. Pas un seul journaliste ne parle de moi et pourtant j'en connais personnellement beaucoup (et ils trouvent - oralement - l'exposition remarquable). Les médias ne sont remplis que de propos sur le nouveau président des USA et tout le monde gémit qu'il n'y en a que pour Trump. Ou pour son homologue russe. Et bien je vais vous dire: je les plains. Et vivement que je reparte en voyage dans un lieu loin des grandes villes modernes... avec mon Reflex.